Créer une communauté engagée sur instagram

January 24, 2022

Si vous êtes de la sphère LGBT+ Bordelaise, vous aurez forcément entendu parler de Phèros. C’est une marque de vêtements et d’accessoires portée par Clémence DAVID et Juliette BERGÉ.

Nous avons d’ailleurs reçu Clémence pour une interview à propos de l’affirmation de ses valeurs personnelles dans l’entrepreneuriat, que vous pouvez retrouver juste ici.


Pour de plus amples détails, voici toutes les questions que nous lui avons posées ! L’objectif ? Comprendre ce qui a poussé ces deux personnes à devenir entrepreneures, mais surtout la manière dont vit cette entreprise engagée !


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Phèros, c’est quoi ?


Phèros, c’est une boutique en ligne, qui milite pour les droits et la visibilité des personnes LGBT+ à travers des vêtements et des accessoires. Par LGBT+, l’acronyme comprend la communauté lesbienne, gay, bisexuelle, trans, pansexuelle, asexuelle, tout un tas de diversité.


En fait, cette aventure née d'un constat hérité d’observations faites durant une marche des fiertés. S’il est possible de se sentir entouré et d’être face à sa communauté le temps d’une journée, pourquoi ce sentiment ne persiste-t-il pas le reste de l’année ?

Alors, grâce à toute une gamme de vêtements et d’accessoires, Phèros tente de mettre en lumière toutes ces personnes lorsque le “Pride Month” est terminé. Pour que “d’autres personnes puissent se reconnaître, se sentir en sécurité et montrer qu’elles existent” à tout moment.


Pourquoi avoir choisi ce nom ?


C’est un mixte entre Phèdre et Éros qui sont deux personnages emblématiques du banquet de Platon et qui ont un discours sur l’amour qui nous inspirait bien. Et comme on était beaucoup dans les jeux de mot et dans le mixte de certains mots, Phèdre et Éros ça faisait Phèros.


Le nom Phèros est-il venu facilement ?


Ouais, parce que j’aime beaucoup : dès que je vois deux mots qui se ressemblent ou qui ont une syllabe en commun, j’arrive rapidement à les assembler. C’est un de mes talents cachés ! Ça semblait cool, ça sonnait bien.


Pourquoi défendre la lutte LGBTQIA+ en particulier ?


Pour deux choses : la première c’est que je suis concernée et que j’ai connu des moments où justement ça a été un peu compliqué. Soit à cause du regard des gens, soit des insultes dans la rue… Appelons un chat, un chat.

Également, c’est une sphère pas encore vraiment abordée en profondeur (en tout cas quand on a lancé Phèros), notamment dans le monde du vêtement, ou dans l’entrepreneuriat. Il n’y a pas beaucoup de projets LGBT+ et la question c’était de voir si on pouvait apporter quelque chose à la communauté à travers ça.

Peux-tu nous présenter les produits ?


Notre produit phare c’est le t-shirt, on a une dizaine de modèles. Ils sont tous en coton bio et polyester recyclé. On a des pulls, des casquettes, des bonnets mais aussi des accessoires comme des stickers, des mugs, etc.


La particularité de Phèros, c’est d’avoir des designs qui sont aux couleurs LGBT+, donc aux couleurs du drapeau. Mais également d’avoir des jeux de mots, pour ajouter une touche de légèreté autour d’un sujet qui est parfois un peu lourd et traumatisant pour certaines personnes. L’idée c’était de pouvoir “dé-taboutiser” tout ça avec des jeux de mots, des jolis designs, de représenter également des figures emblématiques de la communauté LGBT+. Des personnalités historiques qui ont fait avancer le mouvement au fil des générations.


Comment sont fabriqués les t-shirts ?


On les importe d’entreprises qui sont au Bangladesh et qui ont des certificats pour la qualité du travail, qui ne font pas travailler les enfants etc. On les importe et ensuite on les retravaille sur Bordeaux, avec de la sérigraphie et de la broderie.


Pour vous, Phèros c’est une marque ou un mode de vie ?


C’est vrai qu’on va le voir en premier comme une marque, mais à mes yeux c’est plus un mode de vie. Dans le sens où vendre des vêtements, des accessoires, c’est pas la fin en soi. C’est un moyen de faire passer un message. Le message c’est l’inclusivité, la visibilité des personnes LGBT+. C’est les combats qui sont menés par les personnes transgenre,

également les droits à la PMA à une époque.

Donc c’est plus un outil qui permet derrière d’amener certains sujets à des personnes qui ne connaissent pas ces sujets là. C’est plus un mode de vie !

Ça donne quoi du côté entrepreneuriat ? 

Avez-vous eu une formation spécifique pour réaliser votre projet ?


J’ai fait des études de commerce et marketing, Juliette aussi. C'est vrai que ça nous a bien aidé. J’avais une branche entrepreneuriat qui me plaisait depuis le début et ça c’était vraiment utile.


Après, en termes de graphisme, de textile, j’ai tout appris sur le tas. J’ai eu la chance d’être bien entourée pour avoir des infos en détails. En fait quand t’as pas les compétences, il faut arriver à trouver les bonnes personnes pour déléguer et faire confiance. Moi j’ai trouvé des personnes qui avaient ces compétences complémentaires ! Mais du coup oui, commercial et marketing super important dans ce milieu là.”


Comment est-ce que vous vous êtes rencontrées toutes les deux ?


Alors Juliette est ma partenaire de boulot, mais également ma partenaire de vie. On est ensemble depuis plus de cinq ans maintenant, donc en termes professionnels on se connaissait déjà. On a très bien travaillé ensemble parce qu’on est passionnées par les mêmes valeurs, on a les mêmes combats dans la vie donc ça ça aide beaucoup à se retrouver professionnellement.


Quand on a lancé Phèros elle s’est occupée du premier site (la version v.0) et après, petit à petit, on s’est réparties un peu plus les tâches. Maintenant elle bosse surtout sur le marketing et moi je suis vraiment opérationnelle sur toutes les tâches.” 


Ça fait quoi d’entreprendre en couple ?


C’est génial parce que quand t’es sur la même longueur d’ondes tu peux avoir des heures et des heures de discussions à refaire le monde et essayer de créer une nouvelle société.

 

Par contre, c’est difficile dans le sens où il ne faut pas non plus que ça devienne le sujet principal (surtout lors d’une année et demie de Covid où au final t’es enfermé chez toi et tu travailles dans le même salon). À la fin, il faut arriver à trouver d’autres choses et Juliette travaille sur d’autres projets en parallèle.


Combien de temps a pris le développement de votre communauté sur Instagram ?


C'est un travail de tous les jours, depuis le début on bosse dur sur ça. Là où on a bien fait je pense c’est qu’avant de lancer Phèros on avait créé un compte Instagram où on partageait juste des posts, des photos d’autres comptes. Petit à petit, on a fait croître notre communauté comme ça (on avait plusieurs centaines de personnes). Le jour où on a mis la première photo, du premier t-shirt qu’on vendait, on avait déjà une base de potentiels acheteurs. C’est comme ça qu’on a commencé, et c’est un travail qui continue depuis 3 ans !”

Votre communauté touche-t-elle tous les âges ?


La communauté touche tous les âges, oui.

On a la chance d’arriver à intéresser des personnes à la fois très jeunes, parce qu’on a aussi une arrivée de générations qui sont beaucoup plus ouvertes, qui ont accès à beaucoup plus de contenus.

Et en même temps c’est l’héritage d’années de lutte faites par les générations précédentes.

On a la chance de toucher les jeunes, et les plus âgés qui n’ont pas eu aussi ce moyen de montrer leur fierté. Pour le coup, tout le monde s’y retrouve.”


Au début du lancement de l’entreprise, quelle a été la réaction ? 


En toute honnêteté ça s’est bien passé. Je pense que c’est parce qu’on a lancé Phèros quand j’étais encore en CDI à côté donc c’est quelque chose qui commençait à arriver dans les discussions, c’est pas sorti de nul part.

Ensuite concernant mes proches, étant quelqu’un de très terre à terre, si j’allais dans cette direction c’est parce que j’avais confiance en moi. C’était pas quelque chose de complètement déjanté. Là où il a fallu faire un peu de pédagogie c’est évidemment sur tous les termes LGBT+ mais maintenant c’est un vrai plaisir parce que toute ma famille connaît les problématiques, va se renseigner d’elle même ou me dit “tiens y’a tel film sur telle problématique” et c’est juste trop cool. Ça s’est super bien passé.


Ça fait quoi de monter son entreprise sur ses valeurs personnelles ?


C’est un vrai plaisir de pouvoir juste se battre pour des causes qu’on défend personnellement. Parce que quand on en fait son métier, on s'investit beaucoup plus. Tu es en accord avec toutes tes paroles. 

C’est Gandhi qui disait que “ses actes sont en accord avec ses paroles”. Et typiquement c’est vraiment ça ! Depuis, il y a beaucoup de valeurs alternatives sur lesquelles je veux me battre parce que j'ai compris qu’on pouvait faire avancer les choses personnellement et professionnellement.

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