Comment lancer sa marque en sortie d'études ?

April 14, 2022

On a reçu Ludivine Romary pour lui poser plein de questions à propos de MyEli. On a voulu savoir ce que ça faisait de monter son entreprise dès sa sortie d’études, quand on a seulement 24 ans. Ou encore, ce que ça faisait de développer un produit quand, à l’origine, c’est pas du tout notre milieu. Nous avons eu beaucoup à dire, vous pouvez donc retrouver une partie de l’interview dans la vidéo ci-dessous

Sinon, toutes les questions qu’on lui a posées se trouvent à la suite !

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Le concept en détails

My Eli, c’est quoi ?


C’est un bijou connecté, esthétique et sécurisant, pour pallier ce problème d’insécurité qu’on a au quotidien dans nos rues ou au sein des foyers.


Comment ça fonctionne ?


C’est un vrai bijou en laiton, doré, argenté, avec un petit dôme en silicone cachant un système de clic. Pour prévenir d’une insécurité mais aussi rassurer ses proches quand on est bien rentré à la maison. Alors un clic permet d’envoyer votre position gps, avec son suivi gps à ses contacts de secours, enregistrés et personnalisés dans l’application mobile MyEli. Ça permet également de soit envoyer une alarme pour repousser l’agresseur, soit de faire un enregistrement audio pour capter la situation de l’agression. Lorsqu’on double clic, c’est qu’on a passé la clé dans sa serrure et qu’on est bien rentré chez soi. Home Safe.”


Comment as-tu eu l’idée de fonder My Eli ?


C’était en 2018, j’étais en master, en école de commerce. Pour valider mon année, il fallait que  je crée une solution, une start-up innovante, prête à être lancée sur le marché comme si j’allais le faire demain. On était un groupe de 4 amies et à ce moment-là et on rentrait toujours seules, avec le dernier tram, à pied, à vélo, etc. On se demandait toujours le fameux sms “tu me diras quand tu seras bien rentrée” et je me suis dit qu’on était quand même en 2018 et qu’il n’y avait rien (à part une bombe lacrymo), qui puisse sécuriser mes déplacements. Puis pour aller un petit peu plus loin, quand on rentre chez soi.


Je me suis regardée de la tête aux pieds et je me suis dit “qu’est-ce qui pourrait me sécuriser dans mon quotidien”. Je porte pas mal de bijoux, j’aime bien ça. Donc là j’ai pensé à insérer un système de clic à l’intérieur d’un bijou : le processus est venu à ce moment-là.


Penses-tu développer une gamme pour les enfants et/ou les hommes ?


Bien entendu ! J’ai aussi créé MyEli pour réduire les inégalités homme/femme et je pense que ne proposer quelque chose que pour les femmes c’est en quelque sorte les creuser un peu plus. Normalement à la fin de l’année (décembre, Noël ou mois de janvier) on sort quelque chose pour les hommes. Ensuite on aura quelque chose pour les enfants. C’est-à-dire que ce petit dôme, on va le transformer, le rendre rectangulaire pour que ce soit un peu plus masculin. Au niveau de l’esthétisme du bijou on peut faire plein de choses. Par contre, c'est à nous de le rendre esthétique et très discret.


Je pense que pour les hommes c’est un positionnement autre. Ne pas avoir envie d’expliquer ce qu’il y a dans ce bijou et pourquoi je porte un bijou connecté pour ma sécurité. C’est le challenge.


Et pour les enfants on va rendre ce bijou connecté complètement indépendant : sans smartphone, sans bluetooth pour répondre à une demande plus large. J’ai trop hâte de faire ça !


Pourquoi L’Intépride ?


C’était le nom de notre collection, des premiers bijoux connectés qui sont sortis. “L'intrépide”, ça a des valeurs très fortes. Ça veut dire sans peur, sans craintes, qui ne déroge pas devant le danger. 


On a envie de créer toute cette petite communauté d’intrépides qui porteront notre bijou connecté pour leur propre sécurité et leur bien-être au quotidien. Puis je trouve que c’est un mot classe, très transparent, qu'on utilise beaucoup sur les réseaux sociaux en ce moment. Il se met facilement sur des produits dérivés aussi.


Il a ces valeurs fortes en lien avec le MyEli, la défense connectée et les valeurs fortes d'intelligence et de défense que peut apporter ce petit éléphant.

Ton bijou, il est français ?


Il est français de presque A à Z. C’est pas un argument marketing, pour moi c’était un réel choix et impact que je voulais donner à MyEli. Je voulais tout sourcer en France : que ce soit l’app, le bijou en lui-même, la partie électronique et son assemblage et la partie assemblage carte électronique dans le bijou. Tout est fait en France, Bordeaux et sa région. Ardèche aussi. Après les micro-composants qui sont à l’intérieur on a pas le choix… On a pas d’usine qui les produit en France, on est obligé de se sourcer à l’international.


Mais c’est pas du tout un choix marketing, on a plusieurs fois cherché à m’influencer pour faire le bijou en Thaïlande ou utiliser l’usinage électronique et l’industrialisation en Chine, mais j’ai toujours dit non. Tant que je trouve une usine qui rentre dans nos tarifs (et ça a été le cas, grâce à beaucoup d’accompagnement, du bouche à oreille), on reste sur du Made in France à fond.

Entrepreneuriat : développer un produit tech en sortie d’études

Quel a été le plus grand challenge à la création de ta boîte ?


Je pense que ça a été d’être une fille qui travaille dans le marketing dans un milieu très tech. Sans stigmatiser, d’être aussi face à des hommes, souvent plus âgés mais aussi beaucoup plus expérimentés. Au début j’ai eu du mal à trouver ma place en tant que jeune étudiante qui se lance et qui veut créer un objet connecté en miniaturisation des composants pour les mettre dans un vrai bijou. Ma demande était un petit peu bizarre au début, face à des ingénieurs qui n'avaient pas forcément vu ce genre de choses.


Puis je dirais aussi que comme pour toute start-up, au début, ça a été de se structurer. Tout est une priorité, au début. On a du mal à prioriser certaines choses, certains e-mail : c’est tout bête mais quand on en reçoit 30 dans la journée on se demande par quoi on va commencer.


Et puis la recherche de financement… Mais au final, au fur et à mesure, ça se fait tout seul. Surtout, on découvre qu’il y a énormément de possibilités. Partout, tout le temps.


L’entrepreneuriat, c’est un milieu de mecs ?


Je dirais que non ! Parce qu’il y a tellement de projets qui sortent, qui sont portés soit par de “jeunes nanas”, soit par des étudiantes qui sortent d’école et se lancent sur le marché de l’entrepreneuriat.

Et je trouve qu’il y a de plus en plus de projets à impact, et de projets supers sympas, qui sortent et qui sont portés par des femmes. Je trouve que la vision de ces projets là est différente de ceux portés par des mecs. Je pense que c’est aussi une question de sensibilité. Et du coup, ouais je dirais que non.”


Selon toi, pourquoi ta campagne de crowdfunding a fonctionné, alors que beaucoup d’autres échouent ?


Peut-être de l’avoir hyper bien préparé. Je pense que j’ai mis plus de 2 mois, avant, à poser la strat’ et à lancer la campagne. Savoir dans quel sens on va, les deadlines. On a respecté toutes nos deadlines. Je pense que ça a été de se dire “ok, je sais qu’à tel moment je fais ça” pour ne pas laisser glisser certains sujets.


Et puis prendre les conseils ! Prendre les conseils de la campagne de crowd’ (moi c’était Ulule) et les conseils qui venaient de droite et gauche. Je suis toujours preneuse de conseils et d’orientation !


Comment on gère de l’argent qui arrive du jour au lendemain ?


J’ai eu beaucoup de mal à ne pas trop impacter MyEli, notre “réseau”. Du coup quand y’a un peu d’argent, pas beaucoup hein mais pour le moment un peu d’argent qui arrive sur le compte courant de MyEli, on protège ! Enfin personnellement je l’ai protégé comme si c’était mon enfant ! J’ose pas trop dépenser mais je pense que c’est pas super de faire ça… Il faut oser prendre des risques et des fois on se dit “beh Ludivine tu vas pas dépenser 5000€ du jour au lendemain pour un projet qu’on avait pas du tout prévu”, mais c’est comme ça ! Même si on essaye de le prévoir au maximum en amont.


Du coup je gère ça un peu comme si je gérais mon compte bancaire, mais en deux fois plus sécurisant !


Créer un objet connecté quand on est pas dev’, comment on s’y prend ?


On écrit tout ce qu’on veut dans cet objet connecté ! Souvent j’ai été face à des ingénieurs qui me disaient : “Mais Ludivine, c’est pas possible de faire ça !” Et en fait, on s’y tient et on dit : SI, c’est possible de faire ça ! On trouve des solutions pour que ça soit possible.” 


“Pour nous le plus compliqué ça a été de miniaturiser plein de composants électroniques dans un tout petit bijou. Au final, on s’y tient à ce cahier des charges, on trouve plein de solutions. Et du coup quand on est pas dev’, on se fait confiance. On se dit si, ça va marcher : on y croit, on y croit, on y croit. Puis au final, ça a marché.


Ton produit, il coûte cher ?


Ouais… Un peu quand même ! On a un coût de revient assez élevé. D’où, forcément, le choix d’une bonne marge et de savoir absolument où on va. Même dans 3, 4, 5 ans, tout est posé je dirais. Je sais où je vais, je sais ce que je vais sortir, à quel moment.


Un produit ça coûte cher mais il faut prendre le temps de sourcer, de choisir les partenaires avec qui on va travailler. On a pas mal de partenaires sur MyEli parce qu’on a quand même 3 piliers différents (app, bijou et électronique). Ce qui fait qu’on a pas trop le choix/droit de se planter sur le sourcing des partenaires. Pour justement que ça ne coûte pas trop cher.


Finalement, est-ce que l’entrepreneuriat est autant une prise de risque que ce qu’on le dit ? 


Pour moi, je ne vois pas du tout MyEli comme une prise de risque. Que ce soit il y a 1 an quand on s’est réellement lancés, ou aujourd’hui. Parce que je pars du principe que si MyEli,

pour 1001 raisons ça ne fonctionne pas : on s’est peut-être trompé de cible, ou de marché, enfin, voilà, il peut y avoir mille raisons… J’aurais tellement appris pendant ces années d’expérience que je me sens les épaules encore plus larges de reprendre un job en tant que salarié dans une autre boîte (j’étais dans le marketing événementiel).

Donc non, je dirais pas que c'était une grosse prise de risque, mais c’est juste génial et c’est une expérience de vie, avant d’être une prise risque.”


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